Nous entamons ce mois de mars 2026 dans un climat de tensions extrêmes. Le week-end dernier a marqué un tournant avec l’intensification des hostilités au Moyen-Orient, notamment en raison des frappes coordonnées des États-Unis et d’Israël en Iran, suivies de représailles militaires immédiates.

Avec un tel regain de violence, plongeant les marchés mondiaux dans l’incertitude et forçant les investisseurs à réévaluer leur exposition au risque en temps réel, faut-il s’inquiéter pour vos positions en crypto ?

Force est de constater que dans ce contexte, le marché crypto a montré une résilience étonnante. Alors que les bourses traditionnelles étaient fermées ce week-end, et suite à la chute initiale, le Bitcoin a rapidement rebondi, confirmant une fois de plus son rôle hybride.

Alors qu’il est perçu par de nombreux acteurs comme un actif « risk-on », vulnérable à la volatilité, il semble être utilisé par d’autres comme une valeur refuge, certaines populations du moyen-orient se tournant probablement vers d’autres alternatives par peur d’une chute de leurs devises.

Tensions géopolitiques : un véritable cocktail explosif pétrole-dollar

L’escalade en cours ne se limite pas aux combats sur le front, cela se transmet directement à l’économie réelle via les matières premières. Le pétrole Brent a bondi de près de 10 % en quelques jours, dépassant les 84 dollars pour atteindre son plus haut niveau depuis juillet 2024.

Cette dynamique s’associe aux craintes actuelles portant sur une potentielle fermeture du détroit d’Ormuz où transite plus de 20 % de flux mondial. Avec la multiplication des bombardements et attaques de drones sur les sites stratégiques, les craintes d’un baril à 100 dollars alimentent un risque sur les prix de l’énergie et un retour de l’inflation d’ici les prochains mois. La Chine a exhorté l’Iran de cesser les frappes sur certains sites. Une demande qui n’a pas eu de réponses pour le moment.

Parallèlement, le dollar américain (DXY) retrouve de la vigueur. Cependant, le combo d’un dollar et d’un pétrole sur des niveaux élevés est tout ce qu’il faut éviter pour un contexte favorable aux actifs risk-on.

À terme, un ralentissement économique pourrait peser sur les entreprises, freiner la consommation et mettre en difficulté l’ensemble du globe avec une réduction de la liquidité. Un scénario qui ouvre les perspectives d’une période de stagflation, à éviter absolument.

Bitcoin : une zone de résistance majeure à reconquérir

Techniquement, bitcoin livre une bataille acharnée autour du pivot psychologique des 65 000 $ depuis le début du mois de février. En pleine période de latéralisation, confiné sous les 70 000 dollars, les yeux sont rivés sur une sortie de la zone actuelle pour reprendre la direction des 85 000 dollars.

Avec des flux sur les ETFs qui sont dans le vert depuis le 24 février, à l’approche du printemps les institutionnels regagnent progressivement en intérêt pour le roi des cryptomonnaies, avec 450 millions de dollars d’entrées nettes ce lundi, portés par des géants comme BlackRock. Cela indique que l’intérêt institutionnel reste d’actualité au regard de la crise géopolitique actuelle.

Pour valider une reprise haussière durable, bitcoin devra faire des 73 000 dollars une zone de support, éviter un passage sous les 60 000 dollars, et mettre les vendeurs sur la touche. 

Bien que la volatilité soit absorbée ces derniers jours, la pression acheteuse reste limitée. Il semble donc nécessaire de faire preuve de patience, voire de quelle manière la situation va se dégoupiller au moyen-orient, et si la zone d’ATH historique de 2021 restera défendue pour bitcoin.

Ethereum chute et reste dans l’ombre de BTC

Ethereum (ETH) traverse une période plus complexe. Bien que sa portée soit différente avec un rôle bien plus subjectif par rapport aux tensions géopolitiques, notons que les mouvements sont similaires, en difficulté sous le seuil pivot des 2 100 dollars. Quant à la paire ETH/BTC, c’est toujours l’heure à la sous-performance avec un passage sous les 0,03 BTC.

Avec la rotation de capital qui prend place, bitcoin reste solide et se maintient sur des niveaux bien plus élevés, ce qui explique la chute globale sur les altcoins et l’incapacité pour ces derniers de remonter la pente. 

Malgré la nouvelle roadmap de la fondation ethereum, les ventes menées par Vitalik Buterin influencent directement la situation de l’actif et limitent les possibilités de rebond.

Pour ETH, tout l’enjeu réside dans la capacité, à l’échelle journalière, de rebondir au-delà des 2 100 dollars, faire de la résistance actuelle un support et reprendre la direction des 3 000 dollars. Sans cela, il sera complexe pour l’écosystème de retourner dans le vert. 

En ce sens, les perspectives haussières pour BTC, ETH et le reste de l’écosystème sont limitées et dépendent globalement du chemin pris par les évènements géopolitiques. Si les tensions s’accentuent et que le pétrole ainsi que le dollar augmentent, il y a fort à parier que les cryptomonnaies virent au rouge comme aujourd’hui et marquent de nouveaux creux annuels.

Jurgen

Jeune passionné des marchés financiers et particulièrement du monde de la cryptomonnaie, l'analyse technique et l'apprentissage font partie de ma routine pour créer du contenu abordable à tous.